Ô géante aux cent yeux, Tu fais un grand labeur, saint et mystérieux ! Oh ! qu'un autre que moi te blasphème, ô nature Tandis que notre chaîne étreint notre ceinture, Et que l'obscurité s'étend de toutes parts, Les principes cachés, les éléments épars, Le fleuve, le volcan à la bouche écarlate, Le gaz qui se condense et l'air qui se dilate, Les fluides, l'éther, le germe sourd et lent, Sont autant d'ouvriers dans l'ombre travaillant ; Ouvriers sans sommeil, sans fatigue, sans nombre. Tu viens dans cette nuit, libératrice sombre ! Tout travaille, l'aimant, le bitume, le fer, Le charbon ; pour changer en éden notre enfer, Les forces à ta voix sortent du fond des gouffres. Tu murmures tout bas : — Race d'Adam qui souffres, Hommes, forçats pensants au vieux monde attachés, Chacune de mes lois vous délivre. Cherchez ! — Et chaque jour surgit une clarté nouvelle, Et le penseur épie et le hasard révèle ; Toujours le vent sema, le calcul récolta. Ici Fulton,...